L'économie du bonheur
L’économie du bonheur est une branche récente de l’économie. Elle se distingue de l’économie du bien-être en ce qu’elle fonde ses analyses non pas sur le bien-être objectif, c’est-à-dire l’environnement (environnement médical, scolaire, niveau de vie…), mais sur le bien-être subjectif, c’est-à-dire le bien-être que l’on ressent, le bonheur.
Le bonheur est subjectif. Il n’est pas la simple résultante des conditions de l’environnement. Il peut même aller à l’encontre de ce que cet environnement pourrait laisser présager : on peut être heureux dans un environnement difficile ou être malheureux dans un environnement favorable. D’où la pertinence de l’économie du bonheur par rapport aux conceptions traditionnelles de l’économie.
En 1971, deux psychologues, Philip Brickman et Donald Campbell, publient un article dans lequel ils étendent la théorie du niveau d’adaptation au bonheur. En d’autres termes, ils expliquent que l’amélioration objective des conditions de vie n’a aucun effet sur le bonheur. En 1974, l’économiste Richard Easterlin publie un article dans lequel il montre, entre autres résultats, que malgré l’augmentation des revenus d’environ 60% entre 1946 et 1970 aux Etats-Unis, les personnes ne sont pas plus heureuses. C’est ce qui a été appelé paradoxe d’Easterlin ou paradoxe du bonheur. Deux ans plus tard, Tibor Scitovsky publie un livre, L’économie sans joie, dans lequel il explique que la plupart des plaisirs de la vie ne peuvent être ni vendus ni achetés, que le confort matériel et l’absence de souffrance ne sont pas suffisants, que les personnes ont besoin de nouveauté et de défis. Ce sont les débuts de l’économie du bonheur.
Aujourd’hui, l’économie du bonheur est une branche marginale de l’économie. Si certains économistes, comme Bruno Frey ou Richard Layard, pensent que le bonheur est un nouveau paradigme à partir duquel l’économie doit être repensée, la plupart des économistes pensent que maximiser le niveau de vie maximise le bien-être.
Je vais plus loin que Bruno Frey et Richard Layard. A partir du moment où les économistes veulent accroître le bonheur et non plus la richesse, l’économie se subordonne d’elle-même aux avancées de la psychologie dans l’étude du bonheur. Cela ne signifie pas que la façon traditionnelle de penser l’économie disparaît, cela signifie qu’une nouvelle façon de penser l’économie se développe et, surtout, qu’une partie du territoire de l’économie est désormais dévolue aux vrais spécialistes de l’étude du bonheur, les psychologues.
Bienvenue sur le site officiel de Renaud Gaucher